Littérature, Littérature et culture

Critique – Horreur boréale, d’Åsa Larsson

Si tu aimes les thrillers suédois, viens voir ce que j’ai dégoté pour ajouter à ta pile de livres d’été…

Je me suis prise de passion pour les thrillers suédois, c’est un fait. Il y a quelques mois, je te présentais ma critique de la série de bouquins écrits par Camilla Läckberg et centrés sur la vie de famille d’Erica Falck (ici). Il est temps, à présent, de te parler de la série de livres d’Åsa Larsson que j’ai découverts, il y a peu.

 

L’auteur et son héroïne

Åsa Larsson est une quinquagénaire, avocate fiscaliste suédoise de métier qui  a grandi à Kiruna, une ville de Laponie suédoise.

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C’est sans surprise qu’elle a légué son métier et son lieu d’origine à Rebecka Martinsson, son héroïne, âgée de 28 ans, au début de la série. Le premier roman dont il est question dans cet article, Horreur boréale, a été publié en 2003 et traduit dans plusieurs langues. De plus, il a, apparemment, fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Leif Lindblom, en 2008, et d’une adaptation sur petit écran dont la première saison a été diffusée l’année dernière. La série compte, pour le moment, cinq livres. J’ai bientôt achevé le deuxième livre, Le sang versé, qui a obtenu le prix du meilleur roman policier suédois en 2012.

 

Le ton et l’atmosphère

Le ton des romans est bien différent de celui des romans de Camilla Läckberg. En effet, on reste dans cette atmosphère douce et sereine, typiquement scandinave, bien qu’il s’agisse de thrillers abordant des meurtres d’une extrême violence. Pourtant, chez Åsa Larsson, le ton est un peu détaché. Moins centré sur la famille unie, comme c’est le cas d’Erica Falck. On s’intéresse plutôt à Rebecka en tant qu’individu indépendant et solitaire.

Au début de l’intrigue, Rebecka, qui travaille à Stockholm, apprend la mort d’un ami d’enfance, Viktor Strandgârd. La mort violente de cet homme la replonge dans le Kiruna  où elle a grandi et où la ferveur religieuse fait rage. La sœur de Viktor fait appel à sa protection et elle se rend sur place pour élucider l’affaire. Au fil de l’histoire, on en apprend plus sur cette curieuse avocate qui semble avoir fui un lourd passé.

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La plume d’Åsa Larsson est vive et spontanée, tout comme son personnage, qui est bien décidé à se venger de cette communauté religieuse dont elle faisait partie et qui l’a exclue. En outre, la trame narrative donne une impression de documentaire, froid et scientifique, très approprié au cadre d’une enquête, et pourtant décalée car ce « documentaire » est présenté sous la forme d’un roman. Ceci a trait au fait que les Scandinaves sont connus pour être charmants mais distants. C’est pas moi qui l’ai inventé, mon p’tit…

 

Les thèmes abordés

Dans ce roman, on parle surtout de ferveur religieuse, de camp biblique, d’églises protestantes indépendantes et, surtout, de détournements de fonds.

Åsa Larsson expose ce côté ridiculement exagéré de la foi chrétienne et de ses différentes « écoles », au sein de la Suède. De plus, ses personnages, tout chrétiens qu’ils sont, n’observent pas les valeurs fondamentales que prône la chrétienté et déforment des passages de la bible pour asseoir leurs jugements sur autrui. Ceci me fait penser à certaines de mes connaissances qui, bien que très religieuses, aiment juger, manigancer et semer le mal malgré elles, tout en se cachant derrière cet idéal de pureté qu’elles pensent incarner, en bonnes chrétiennes qu’elles sont. Hypocrisie que tout cela, et Åsa Larsson le démontre bien.

La Laponie et son paysage enneigé, typique et inégalé. Native de Kiruna, l’auteur s’étend sur la description de paysages magnifiques et saupoudrés d’un épais manteau de neige. Elle parle de mets locaux et d’un moyen de locomotion typique de la région: le spark.

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Quand on lit ses romans, on est complètement dépaysé et on découvre un autre monde, avec ses coutumes et rituels quotidiens propres.

En bonne avocate fiscaliste qu’elle est, elle débusque une énorme fraude fiscale perpétrée depuis des années par l’église de la Force originelle. Tout cela me fait un peu penser au clergé qui, au quinzième et au seizième siècles, vendait des indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre. Comme dit l’adage: « la fin justifie les moyens ». Oui, je sais, ce roman est une fiction.

 

Conclusion

Entre obscurantisme médiéval, hypocrisie chrétienne et hiver polaire, cette enquête semble vouée à l’échec. Mais c’est sans compter la persévérance et la fougue de Rebecka Martinsson, qui finira par obtenir gain de cause et démasquer le coupable, tout en secouant le cocotier partout sur son passage. Tout cela m’a bien donné l’envie de visiter la Laponie.

Et toi, tu as déjà lu? Tu en as pensé quoi? Bisous, bisous!

Xx Lily

 

1 réflexion au sujet de “Critique – Horreur boréale, d’Åsa Larsson”

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